Un 50e groupe a été formé le mois dernier, au collège Ellis. Celle qui a fondé L’Étincelle à Drummondville et qui vient tout juste de céder sa place comme responsable, Carole Faubert Michel, ne croyait jamais que l’aventure serait aussi extraordinaire.
«C’est indescriptible tout ce qui a été vécu ici en 15 ans, a-t-elle indiqué. On a vu de vrais petits miracles se produire sous nos yeux. Des jeunes sont déjà venus me voir pour me dire que L’Étincelle leur avait sauvé la vie…»
Créé à Sherbrooke en 1993, le mouvement s’adresse aux jeunes de 14 à 18 ans, qu’ils soient aux prises avec des difficultés ou non. Les participants viennent y trouver qui ils sont, leurs valeurs et leurs objectifs de vie par l’entremise de quatre thèmes : moi, l’autre, la famille et la foi.
«C’est fraternel, mais c’est aussi très intense. Les jeunes prennent confiance en eux. Ils apprennent à accepter les différences, à laisser tomber les préjugés. On leur donne aussi des outils pour entrer en relation avec leurs parents. L’adolescence n’est pas une période facile. Les ados veulent leur autonomie, mais ils sont souvent maladroits», a souligné Mme Faubert Michel.
Si l’aspect religieux peut rebuter certains de participer à l’une des trois fins de semaine organisées annuellement, la fondatrice insiste sur le contexte dans lequel la foi est abordée.
«L’Étincelle est un mouvement religieux, mais c’est adapté à la réalité des jeunes. C’est toujours fait dans le respect, tellement que des jeunes d’autres confessions y ont déjà participé. L’important, c’est d’aller puiser dans sa force intérieure», a précisé Carole Faubert Michel.
L’Express s’est rendu récemment à l’un des ressourcements organisés toutes les deux semaines afin de recueillir les commentaires de jeunes participants. Leurs témoignages éloquents démontrent que le respect et l’entraide ont toujours leur place dans une société individualiste à satiété.
C’est le cas de Philippe Chevrette, 29 ans, qui était l’un des animateurs du groupe 50. Celui-ci avait participé à L’Étincelle no.23, et les retrouvailles organisées l’an dernier lui ont redonné le goût de se rapprocher du mouvement.
«À l’époque, je m’étais pointé là sans savoir à quoi m’attendre. J’avais appris à faire confiance aux autres, à être à l’écoute. L’Étincelle nous recentre sur ce qui est essentiel dans la vie. C’est super de voir en 2008 des jeunes échanger entre eux sans que ce soit sur Internet», a-t-il lancé.
Paradoxalement, c’est justement le Web qui a amené Samuel, 16 ans, à s’inscrire à L’Étincelle. C’est en clavardant avec un ancien participant que lui est venue l’idée de participer à l’expérience. Il croit que le mouvement rejoint tous les jeunes, peu importe leur style.
«Il y a des «rockers», des «emos», etc. L’Étincelle, c’est pour tout le monde. C’est là que j’ai compris que j’avais une place à prendre. Je suis beaucoup plus sociable qu’avant et ça m’a permis d’approfondir ma foi», a-t-il partagé.
La communication est la pierre angulaire des fins de semaine. Chacun est évidemment invité à s’exprimer sur ce qu’il vit, sur ce qu’il ressent.
«C’est là que les petits bobos sortent, soutient Mme Faubert Michel, mais aussi que se lève le voile sur des situations particulièrement difficiles (toxicomanie, violence, inceste, etc.). Ça leur fait du bien et ça fait prendre conscience aux autres de la chance qu’ils ont d’avoir une famille aimante.»
Mais s’il y a des moments sérieux, il y a aussi des périodes réservées à la musique et d’autres destinées «à lâcher son fou»! Ces activités plus «sociales» font découvrir aux jeunes que tout le monde mérite le respect et une attention particulière. Maude, 16 ans, l’a tellement bien compris qu’elle a décidé d’être animatrice pour le groupe 50.
«C’est vraiment extraordinaire comme expérience, a-t-elle affirmé d’emblée. Moi, ça m’a apporté beaucoup plus de confiance. Je juge aussi moins les autres; je suis plus à l’écoute. J’ai connu à L’Étincelle des jeunes super intéressants, mais je ne leur aurais pas parlé nécessairement à l’école.»